Jacques Charpentreau Accueil
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     Bien des poèmes de Jacques Charpentreau sont connus. On les retrouve dans ses recueils, évidemment, dans de nombreuses anthologies, parfois sur les murs, et très souvent sur des sites d'Internet. On les apprend et on les récite dans les écoles et les collèges. Certains ont été traduits et ils ont voyagé en Europe, en Russie, et jusqu'en Chine. D'autres sont devenus des chansons.
     De nombreux Prix littéraires ont distingué l'œuvre poétique de Jacques Charpentreau, qui est ainsi « reconnue » par des poètes, et appréciée par tout le monde. Il a reçu la plus haute distinction poétique – puisqu'une école porte son nom.
     On trouvera sur son site diverses informations et des poèmes régulièrement renouvelés.


     (Les recueils disponibles de Jacques Charpentreau peuvent être commandés chez les libraires ou commandés directement à la Maison de Poésie, SPF, 16, rue Monsieur le Prince. 75006 Paris).

 

Le soir


Ni chien ni loup le crépuscule
Estompe le dernier décor
C’est l’heure des jeteurs de sorts
Et lentement le temps bascule.

Étoile d’or ou renoncule
Chien ou loup qu’importe qui mord
Le jour la nuit la vie la mort
Un même souffle encor circule.

Tremblantes chimères du soir
Près de moi venez vous asseoir
Mes familières étrangères.

Je ne peux plus vous discerner
Je sens que vous m’avez cerné
Je vais vous suivre, ombres légères.

Ombres légères. La Maison de Poésie, 2009.
80 p. 16 €.


Ombres légères


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  Actualités

Un album russe

      Un album illustré de poèmes français traduits en russe, à l'intention des enfants, vient de paraître en Russie. Le traducteur, Mikhaïl Yasnov, est lui-même un célèbre poète et un fameux traducteur.
     On trouve dans ce beau livre des œuvres de cinq poètes français, dont Jacques Charpentreau qui ouvre le recueil en grande vitesse.

     Poèmes traduits : Paris, Les trottoirs, Chez le coiffeur, Les antennes de télévision, Les pigeons, Les gens, Les moineaux, Les mannequins, Le marché aux sorcières.

 

Jacques Charpentreau en patinette

 

- Monsieur, Monsieur, quelle heure est-il ? Traduction : Mikhaïl Yasnov. Illustrations : Mikhaïl Bytchekov. Éditions Detgiz, Moscou.
     Poèmes de Jacques Charpentreau, Jean-Luc Moreau, Lise Mathieu, Robert Vigneau, Jacqueline Saint-Jean.

 

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 Rencontres


À la Maison de Poésie

 

     Au cours d’un « Parloir des Poètes », Jacques Charpentreau, Président de la Fondation Émile Blémont, a accueilli le 27 mars 2012 Jean Hautepierre, élu administrateur de la Maison de Poésie.

*

    Lundi 27 février 2012, à 15 heures, la Société des Poètes Français a présenté Jacques Charpentreau et son œuvre poétique à l’Espace Monpezat, 16, rue Monsieur le Prince à Paris, dans l’une de ses matinées, sous la présidence de Vital Heurtebize.
     Après un entretien avec Monique Poulard, responsable des « Lundis des poètes », Jacques Charpentreau a répondu aux questions des spectateurs. Claire Dutrey a lu des poèmes.

 

*

 

 

À leur tour


     Les activités des anciens élèves de Jacques Charpentreau ont été diverses, dans des domaines professionnels très différents, en France et à l’étranger. Certains écrivent et publient des recueils poétiques.

 

Gilles Le Saux

 

- Gilles Le Saux vient de publier Le Chant de Merseger.

(Oasis des artistes. ISBN : 978-2-918339-83-0). 100 p.

     Le nom de la déesse égyptienne Merseger signifie « celle qui aime le silence », et ce serait un paradoxe pour un poète, si le chant de la poésie n’avait pas besoin, justement, pour s’élever et déployer ses charmes, de s’appuyer sur ce silence à faire en nous. Ce recueil riche de culture sait aussi glisser quelques poèmes fantaisistes, voire coquins, tout aussi séduisants. Il s’ouvre sur des sonnets inspirés avec bonheur par les mythes antiques.

 

Galatée

Galatée, Galatée, aimée de Polyphème,

Pourquoi te lamenter et verser tant de pleurs ?

Pourquoi meurtrir ton sein et jeter ta douleur

Aux quatre vents marins comme le grain qu’on sème ?

Tes cheveux dénoués flottant sous le diadème,

Ta robe déchirée, ta mortelle pâleur

Reprochent alentour le poids de ton malheur

Au peuple des mortels et jusqu’aux dieux eux-mêmes.

Qu’est-il donc devenu, Acis au teint de miel

Dont le chant amoureux t’enlevait jusqu’au ciel ?

Il te serrait si fort tout à l’heure enlacée.

Ne crains pas son oubli, il veut toujours te plaire :

Sous une pierre il gît, son beau corps fracassé

Mais au flanc du rocher sourd une source claire.

 

     Le recueil est dédié, entre autres dédicataires, À Monsieur Jacques Charpentreau, poète et pédagogue, mon professeur de lettres au Collège de la rue du Moulin-des-Prés, qui m’a, il y a bien des années, dévoilé secrets et arcanes de l’alchimie poétique, initié à ressentir la musicalité des vers, la brillance des images et surtout les mots qui sont derrière les mots.


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Patrick Deny

    

Un autre recueil apporte avec ses poèmes une émotion particulière au lecteur :

- Patrick Deny, Comme la truite sous la pierre. Préface de Guy Thomas.

(L’Harmattan, « Collection Cabaret ». 5-7, rue de l’École Polytechnique. 75005 Paris). 184 p. 17 €.

    

     On est toujours un peu ému en ouvrant le recueil d’un jeune poète, et plus encore lorsqu’il a prématurément disparu et que le recueil est posthume. Et davantage quand on l’a connu adolescent. Patrick Deny (1948-1991) fut mon élève et dix ans après sa mort m’arrive ce livre qui vient d’être publié par l’association qui prolonge son œuvre, regroupant des poèmes inédits jusque là. Il avait écrit et il interprétait des chansons dans la meilleure tradition du genre, d’autres les ont chantées aussi, comme le fit Isabelle Aubret. Sa poésie, d’une grande générosité, est tantôt en vers libres, tantôt en vers plus réguliers, toujours sensible et juste, le poème tâchant de débusquer cette poésie cachée « comme la truite sous la pierre ». Les poèmes sont ici dans l’ordre chronologique des évocations de sa vie, de son enfance à ses derniers temps dans le Jura. En voici un inédit, non daté, retrouvé par hasard dans un livre de son ancien professeur.

 

Apprends

 

Apprends à regarder ta femme

Reste à l’écoute des enfants

À l’écoute de la vie simple.

Apprends le jour et les saisons

Les couleurs, les formes, le monde.

Partage le pain de ton crâne !

Apprends la vérité des autres

Apprends un peu à faire l’amour

Avant d’en vouloir au monde entier.

Apprends à donner.

Sois orgueilleux quand tu donnes.

Oublie le faux-semblant des mots.

Ni dieu – ni maître,

Seulement les hommes et toi.

Cherche, travaille, pense

Et travaille !

Alors, mon camarade,

Alors,

On fera ta révolution.

 

 

      Gilles Le Saux              Patrick Deny             Dos de C. Deny

 

 

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Vincent Absil

    

     Créateur du groupe Imago, Vincent Absil continue une excellente carrière d’auteur-compositeur-interprète de chansons françaises, dans un style personnel influencé par la musique country  américaine.

 

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Franck Goldberg

           

     Franck Goldberg, qui vit actuellement au Canada, a relaté sa vie, ses périples, dans une autobiographie particulièrement riche et émouvante, Les Enfants rouges.

 

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Élection présidentielle

     

     Deux des anciens élèves de Jacques Charpentreau ont activement participé à l’élection présidentielle d’avril-mai 2012, l’un dans l’équipe de François Hollande, l’autre dans celle de Jean-Luc Mélanchon.


                                         

 

 

Rééditions

 

Le Livre de Poche Jeunesse vient de rééditer deux anthologies de Jacques Charpentreau :

Un petit bouquet de poèmes. 64 p. 4,90 €.

Cinquante petits poèmes choisis parmi les œuvres d'une quarantaines de poètes d'hier et surtout d'aujourd'hui : de petits instants de poésie pour jeunes lecteurs.

 

 

couverture du livre Un petit bouquet de poèmes

 

Jouer avec les poètes. 284 p. 5,50 €.

Des jeux poétiques pratiqués et dévoilés par soixante-cinq poètes contemporains. Près de quatre-vingt-dix poèmes pour jouer avec les mots.

 

 

Couverture du livre Jouer avec les poètes

 

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Comment fait-on un livre ?...

 

... et comment devient-on poète ? C'est ce qu'Anne-Sophie Baumann s'est demandé et elle vient de l'expliquer dans un bel ouvrage bien illustré où Jacques Charpentreau apparaît au milieu des livres de la Maison de Poésie à Paris et entouré de lutins facétieux.

De la conception d'un livre jusqu'à la bibliothèque, on peut y suivre toutes les étapes qui mènent à un lecteur intéressé.

 

- Anne-Sophie Baumann, Comment fait-on un livre ? Éd. Tourbillon. 221, boulevard Raspail. 75014 Paris. Cartonné, ill. tout en couleur. 46 p. 10,90 €.

 

 

Jacques Charpentreau au milieu des livres

 

 

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Art poétique

 

De la clarté avant toute chose

 

Amincir l'albâtre des vers

Jusqu'à voir le jour au travers,

Que la lumière s'y repose

Et décourage toute glose.

 

De la musique avant toute chose

 

Ouvrir grand la cage des vers,

Écouter les oiseaux de l'air

Chanter avec les mots qui volent

Une romance sans paroles.

 

De l'émotion avant toute chose

 

Laisser en soi frémir les vers

Du chant secret de l'univers :

À l'âme une autre âme confie

Douceurs et douleurs de la vie.

 

© Jacques Charpentreau, Le papillon sur l'épaule, La Maison de Poésie, 1997.

 

 

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Informations télévisées

 

J'entends les cris, je vois le sang,

Au coin des rues ceux qu'on égorge,

Le massacre des innocents

Que le sniper caché descend,

Ceux qu'on livre aux marteaux des forges.

 

Comme vous je suis impuissant

À tirer ces damnés du gouffre.

Pauvres visages grimaçants,

Je les vois, les regarde sans

Pouvoir aider ces gens qui souffrent.

 

La mort au mufle mugissant

Éclaire à son gré cette geôle

De son œil vert phosphorescent.

Si loi, l'amour, triste passant,

Un papillon sur son épaule.

 

© Jacques Charpentreau. Le papillon sur l'épaule, La Maison de Poésie, 1997.

 

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L'enfant du temps

 

Une petite main d'enfant

Laisse couler les grains de sable

Du temps qui fuit inexorable

Et disparaît en triomphant.

 

Un enfant qui joue sur la plage

Entre ses doigts coule le temps

Et tout au fond du ciel s'entend

La chanson d'un oiseau volage.

 

Passent les jours passent les nuits

Au blanc ressac les rochers s'usent

Qu'importe à l'enfant qui s'amuse

L'océan soumis près de lui.

 

Une coulée d'astres, d'atomes,

Les mondes dorés dans sa main,

Hier aujourd'hui ou demain,

Il est le maître du Royaume.

 

C'est lui qui veille et nous défend

Les cœurs battent, les astres roulent,

La vie éternelle s'écoule

D'une petite main d'enfant.

 

© Jacques Charpentreau. Ombres légères. La Maison de Poésie, 2009.

 

***

 

L'hérésie

 

De petits bourgeois au bel âge

À grands coups de Lautréamont

L'avaient meurtrie de leurs sermons

Et de leurs crachats au visage.

 

Son nom même était un outrage

Elle traînait dans les bas-fonds

Ne se montrant pas, comme font

Les maudits cachant leur naufrage.

 

Nous sommes quelques-uns encor

À chercher dans notre athanor

Les restes de cette hérésie.

 

Et parfois de nos mots grisés

Nous trouvons au fond du creuset

L'or secret de la poésie.

 

© Jacques Charpentreau. Ombres légères. La Maison de Poésie, 2009.

 

 

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Le tigre

 

Toujours les mêmes mots et les mêmes images

Aller-retour des vers sans heurts et sans accrocs

L'espace ouvert en vain au-delà des barreaux

Le tigre du poème acculé dans sa cage.

 

Ah ! qu'il rugisse enfin et qu'éclate sa rage !

Qu'une main le libère et qu'il plante ses crocs

Dans la chair bien nourrie des sinistres bourreaux

Qui règnent sur le monde et partout le saccagent !

 

Et que l'élégie pleure aussi parmi les morts

Tous les assassinés pour le pétrole et l'or

Les sans-pain les sans-voix les vaincus sans ressources.

 

C'est pour eux qu'aujourd'hui passé le temps des pleurs,

Ses yeux verts flamboyant, d'une nouvelle ampleur

Dans la jungle du temps le tigre prend sa course.

 

© Jacques Charpentreau. Ombres légères. La Maison de Poésie, 2009.

 

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Au vent des révoltes


Le vent qui gifle l'hirondelle

La gêne dans son vol léger.

L'air épais alourdit ses ailes,

Et chaque souffle est un danger.

 

Pourtant l'air est l'allié fidèle

Qui la porte et lui donne appui

Quand brille sa noire étincelle :

L'oiseau ne peut voler sans lui.

 

L'espace infini se révèle

À tous nos espoirs exilés

Quand on voit sur le vent rebelle

L'oiseau du rêve s'envoler.

 

© Jacques Charpentreau. Mes Bêtes noires. Inédit.

 

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Thèse de Lena Lartchenkova

 

Résumé de la thèse de Lena Lartchenkova consacrée à l'analyse du style de Jacques Charpentreau (Université de Smolensk et Moscou, 2007).

 

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Courrier : Jacques Charpentreau, La Maison de Poésie.

Société des Poètes Français.

16, rue Monsieur-le-Prince. 75006 Paris.

 

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Mise à jour le Mercredi, 23 Mai 2012 17:06