Jacques Charpentreau Biographie
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Portrait de Jacques Charpentreau avec chat

  Jacques Charpentreau est né le 25 décembre 1928 aux Sables d'Olonne (Vendée).

  Il a été instituteur, puis professeur de Français.

   Marié. Trois enfants.

   Son œuvre d'écrivain compte une trentaine de recueils de poèmes, une dizaine de volumes de contes et nouvelles, trois dictionnaires, deux livres de traductions poétiques, trois pamphlets, une quinzaine d'essais. Il a rassemblé une quarantaine de florilèges poétiques.

   Il a dirigé diverses collections de poésie (Enfance heureuse, Éditions ouvrières; Pour le Plaisir, EVO; Fleurs d’encre, Hachette, Livre de Poche Jeunesse) et des collections de disques au Studio SM.

     Il a été élu administrateur de la Maison de Poésie-Fondation Émile Blémont en 1987, Président en 1989.

 

     La poésie de Jacques Charpentreau s'est développée en dehors de toute chapelle, privilégiant le plaisir du lecteur, le chant, le rythme, sans jamais s'enfermer dans un système. Elle a reçu plu­sieurs Prix littéraires (Prix Dumézil de l’Académie française, Prix de la Fondation de France, Grand Prix de la Société des Poètes Français, Prix de la Société des Gens de Lettres, Prix À Cœur Joie, Prix de la Maison de Poésie, de la Société des Amis d'Alfred de Vigny, Collégiens Les Veilleurs de mots, etc.) – et le Grand Prix de Poésie de la SACEM (Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique) en 2002.

 

 Ses poèmes ont souvent été mis en musique, notamment par :

     François Barré, Edgar Cosma, Harry Cox, Gaston-Wiener, Anthony Girard, Christian Gouinguené, Max Pinchard, Germinal Salvador, S. Verbrackel  (musique classique);
     Jo Akepsimas, Anthonioz-Rossiaux, Michel Aubert, Claude Antonini, Raymond Arvay, Michel Bernard, Jacques Bienvenu, Leda Bœller, Denis Caure, Pierre Castellan, Bruno Clavier, François Corbier, Jacques Douai, Joël Favreau, Jean Humenry, J. Laroche, Mannick, James Ollivier, Jean-Marie Ployé, Max Rongier (variétés).

      Beaucoup de ses poèmes sont devenus des « classiques » – au sens littéral du mot : ses poèmes se retrouvent dans de nombreux livres et manuels scolaires, en France et à l'étranger.
     Sa poésie est traduite en plusieurs langues, jusqu'en Russie, en Chine, au Japon.

 

     Sa poésie personnelle, ses ouvrages de réflexion et les poètes qu'il fait connaître par ses col­lections ont contribué à modifier largement le paysage poétique de notre époque, particulière­ment dans les établissements scolaires, en France et dans les pays francophones.
     Il fait partie des « Poètes contemporains » dont l’étude a été recommandée par le ministère de l’Éducation Nationale parmi « Les œuvres classiques ».
   
Le groupe scolaire de Saint-Hilaire-des-Loges (Vendée) a pris le nom de

« Groupe scolaire Jacques Charpentreau » en octobre 1996.

 

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J. C. et Hélène Cadou

Avec Hélène Cadou.

 

     « S'il est une poésie qui coule de source, c'est bien celle de Jacques Charpentreau » (Hélène Cadou).

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      « Charpentreau appartient à cette race de poètes qui ne se complaisent ni dans l'obscurité ni dans l'informe ni dans l'ellipse. Pour lui, le poète doit nommer les êtres et les choses, susciter une émotion, créer des images, un rythme, une musique » (Jean Orizet, Le Figaro-Magazine).

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     « La première vertu de la poésie, pour Jacques Charpentreau, c’est d’être lisible. Lisible par tous et à tous les niveaux. […] À ceux qui protesteraient contre la volonté de rendre la poésie à un plus large public et d’en faire une espèce de bien populaire, Jacques Charpentreau réplique avec une courageuse impertinence en retournant à son bénéfice une fameuse formule ducassienne : La poésie doit être faite pour tous est non pour un » (Pierre-Olivier Walzer).  

 

Avec Pierre-Olivier Walzer

Avec Pierre-Olivier Walzer.

 

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      « Son œuvre personnelle marque son penchant à un art qui privilégie le ton direct, la fantaisie, le clin d'œil complice au lecteur, avec des images, des rythmes, de l'humour, une touche de Prévert, un rien de chansonnier tandis que d'autres poèmes affirment ses convictions sociales et politiques (...), un regard où la planète devient amicale » (Robert Sabatier, Histoire de la Poésie française. La Poésie du XXe siècle).

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      « Les lecteurs de Jacques le joueur de mots savent bien que de ses livres enfantins à ses livres d'âge mûr les mots ne se privent pas de faire la cabriole, de jouer à saute-mouton et à pigeon vole, et de faire la nique aux agents de la circulation qui voudraient imposer à la poésie des sens interdits » (Claude Roy).

 

Avec Claude Roy

Avec Claude Roy.

 

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      « Dans le concert souvent discordant de la poésie contemporaine, sa voix est une de celles qui chantent le plus juste » (Robert Houdelot).

 

Avec Robert Houdelot

Avec Robert Houdelot.

 

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      « Un poète qui sait allier la modernité d'un futur et la tradition d'un passé, l'art de penser et le chant léger, le pur et le populaire, la métrique et la mystique, et, dans le rêve incarné et sublimé, les enfants de tous les âges que nous restons devant un monde humain et divin: mystère au quotidien » (Jean Bancal).

 

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     « Les poèmes, les mots de Jacques Charpentreau n'en finissent pas d'enchanter » (Andrée Chedid).  
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 « Toute la poésie de Jacques Charpentreau est une quête de la simplicité » (Luce Guilbaud).

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     « Même lyrique, le poète qui écrit pour les enfants regarde le monde avec leurs yeux. Cette qualité est constante en l'œuvre pour adultes de Jacques Charpentreau » (Mikhaïl Yasnov, Saint-Petersbourg, Russie).  

 

Avec Mikhaîl Yasnov

Avec Mikhaïl Yasnov, traducteur de ses poèmes, à Saint-Pétersbourg.

 

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      « À travers son lyrisme et son espérance, sa voix retentit dans nos cœurs » (Jiang Huo Sheng, Wuhan, Chine).

 

 

Avec Jiang Huosheng

Avec Jiang Huo Sheng, traducteur de ses poèmes, et un ami chinois.

 

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      « Chez Jacques Charpentreau les mots sont à la fête, au rendez-vous de la tendresse et de l'humour. Il a un sens si professionnel de l'équilibre du discours, que le musicien trouve aussitôt la forme musicale qui le met à l'aise et lui permet de s'exprimer. Jamais je ne me suis senti aussi libre » (Max Pinchard).

 

Avec Max Pinchard

Avec Max Pinchard, compositeur.

 

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      « Je trouve dans la poésie de Jacques Charpentreau tout ce qu'un musicien peut espérer: un rythme souverain, le chant des paroles (où la rime joue son rôle), l'unité de ce qu'on appelle le contenu et la forme (qui, en fait, sont inséparables), l'élan, la profondeur, la richesse des rapports entre tous les éléments constituants d'un poème et l'équilibre du tout » (Harry Cox).

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     La revue Signes a  publié un numéro spécial consacré à l'œuvre de Jacques Charpentreau (octobre 1992).
     Disponible à La Maison de Poésie. 16, rue Monsieur-le-Prince. 75006. Paris.

 

 

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ombreslegeres

 

Jacques Charpentreau, Ombres légères. La Maison de Poésie, 2009. 80 p. 16 €.

 

« Un émerveillement paisible...Un bijou ciselé de main d'orfèvre... textes voluptueux, onctueux, qui toujours bousculent nos certitudes et émeuvent tous nos sens... » (Annpôl K, Le Manoir des Poètes, n° 18. 2010).

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« Jacques Charpentreau marie harmonieusement le dire et la façon de dire, il nous charme tout en éveillant notre esprit » (Louis Delorme, Le Cerf-volant, n° 219. Deuxième trimestre 2010).

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« Un style personnel fait d'harmonie et de subtilité, caractéristique de jacques Charpentreau... un art consommé, tout de grâce et de sobriété... le chant immortel d'un poète devant la vie » (Catherine Bankhead, Art et Poésie de Touraine, n° 199. Janvier 2010).

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« Laissez-vous prendre par la douce musique des mots qui s'épousent, conduire par les images qui font rêver égarer même par le jeu d'échos internes... peut-être alors direz-vous : voilà ce que la poésie n'aurait jamais dû cesser d'être... » (Bernard Plessy, Le Bulletin des Lettres, n° 689, mars 2010).

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«  Dois-je vraiment m'empêtrer à parler d'écriture ? Il s'agit de Jacques Charpentreau. Tout est dit. C'est grave et jamais lourd. C'est élégant sans ostentation : c'est vrai et sensible » (Jean-Michel Levenard, Florilège, n° 138, mars 2010)

 

 

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Dans l'un des mondes

 

 

Dans la pénombre de l'étable,

Couchée sur un tas de paille,

La femme criait

Sous les poignards de la douleur.

 

Je ne savais pas, dit Dieu,

Comme on souffrait dans ce monde.

 

Encore attaché à sa mère,

L'enfant poussa son premier cri.

Celui qui était là le prit,

L'essuya de ses mains

Et le mit entre les bras

De celle qui venait de faire naître une vie.

 

Je ne savais pas, dit Dieu,

Comme on aimait dans ce monde.

 

On avait cloué

Les mains et les pieds de l'homme

Sur la croix du supplice.

La mère regardait son fils

Qui mourait sous ses yeux.

 

Je ne savais pas, dit Dieu,

Comme ce monde est malheureux.

 

© Jacques Charpentreau. Inédit.

 

 

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Saisons

 

 

Un jour d'été

tu entendras le vent

dire ton nom

en caressant les feuilles.

 

Un jour d'automne

tu reconnaîtras un visage

dans le brouillard du soir.

 

Un jour d'hiver

ce sera la caresse

d'un flocon de neige

sur tes lèvres.

 

Un autre jour encore

tu verras briller la lumière du printemps

dans les yeux de l'enfant

de ton enfant.

 

Alors

tu penseras à moi

dans l'infinie tendresse du monde.

 

© Jacques Charpentreau. Inédit.

 

 

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La même vie

 

 

 

Un geste, une caresse, un regard dans la glace

Changent l'ordre du temps.

Je ne saurai jamais quel univers déplace

Cette main que je tends.

 

Quel insecte, quel astre en leurs métamorphoses

Éclosent au moment

Où je cueille pour toi cette dernière rose,

Belle-au-Jardin-dormant.

 

Espace et temps mêlés, quel secret en sa gangue

Tisse l'endroit, l'envers ?

L'étoffe se déchire, Einstein tire la langue

Au fragile univers.

 

Sagesse du vieux clown ! Chaque coup de cymbale

De l'orchestre d'Ariel

Salue un jeune Dieu qui jongle avec ses balles

Sur le vieil arc-en-ciel.

 

Ariane, ma sœur, au fil noir de ma plume,

Tous les mots que j'écris

Ne sont que les reflets des mondes où s'allument

Des rires et des cris.

 

Un geste, une caresse – à ce moment peut-être,

Quelque part, une main

Amicale se tend vers moi sans me connaître

Et me guide en chemin.

 

Une feuille pour moi quitte à jamais sa branche

Et tournoie vers le sol;

Sur un astre ignoré, pour moi, un oiseau tranche

L'air épais de son vol.

 

Comment vous remercier, humains, choses et bêtes,

Vous qui veillez sur moi ?

Nous avons même vie, même amitié secrète,

Je le sais, je le vois.

 

Et la flèche du temps, vers sa lointaine cible,

Errante jour et nuit,

Traverse le cosmos visible et invisible

Et toute vie la suit.

 

© Jacques Charpentreau.

 

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Aveux d’un favorisé

 

     Je suis et j’ai toujours été favorisé.

     J’étais né enfant de favorisés. Ma mère avait pu interrompre ses études toute jeune pour aider son père à la tâche. Mon père, orphelin d’un père déjà favorisé par la Compagnie des chemins de fer qui lui avait offert une place de chauffeur de locomotive à vapeur et à charbon, mon père bénéficiait d’une double journée. Il faisait le ménage dans des bistrots parisiens à cinq heures du matin, avant d’embaucher dans une banque comme garçon de recettes et de pouvoir compter des liasses de billets. On dirait aujourd’hui qu’il avait la double faveur d’être technicien de surface et banquier.

     Enfant favorisé, j’ai eu beaucoup de chance : on m’a offert divers examens et diplômes me permettant d’entrer vraiment au travail à dix-neuf ans, après de petits boulots dès quatorze ans. J’ai pu traverser la guerre et l’occupation allemande à travers des hivers assez rudes qui pendaient des stalactites de glace au-dessus de mon lit dans une pièce sans chauffage, et j’ai même pu manger un morceau de viande où grouillaient des asticots, mais de vraie viande. J’ai pu bénéficier de la réduction d’une double fracture sans anesthésie.  J’ai survécu.

     Marié, père de famille, toujours favorisé, j’ai pu nous loger dans une pièce unique d’un îlot insalubre du 13e arrondissement de Paris, sans eau courante mais avec un robinet commun dans la cour, et des toilettes, un cabinet pour vingt familles, mais, encore un privilège, ma famille avait pu acquérir un seau hygiénique.

     Et puis, privilégié de père en fils, vieille habitude familiale, j’ai pu travailler un peu plus en allongeant mes journées, en utilisant les congés et vacances, etc.

     Alors, quand je lis dans les journaux et quand j’entends à la radio (car, faveur suprême, je ne possède pas la télévision), quand j’apprends qu’aujourd’hui dans notre pays il y a tant d’enfants défavorisés, j'ai honte, et je me sens un peu coupable de ne pas l'avoir été, moi, défavorisé.
                                                                                                               

J. C. 10 février 2012.

 

 

Courrier : Jacques Charpentreau, La Maison de Poésie.

Société des Poètes Français.

16, rue Monsieur-le-Prince. 75006 Paris.

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Mise à jour le Lundi, 25 Juin 2012 08:02